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Togo: Chronique/ Yves de Fréau: Défaillance totale et étatique

Ça s’appelle une défaillance. Et tout le public d’Agoè était d’accord en cet après-midi de premier dimanche du mois d’octobre 2017 que, cet affreux mot lui soit collé. L’homme s’appelle Bodjona Mawabwè, et arbitre de son état. C’est à lui qu’a été confié le destin du match retour des quarts de finale du Tournoi Future Communication entre Agaza FC de Lomé et Etoile Filante de Lomé.


La défaillance, oui. Totale et individuelle. Parce qu’il a choisi de la jouer en solo. Le « one_man_show » comme ça se dit. Mais depuis quand on pilote un match de foot sans un regard pour ses assistants ? Le sieur Bodjona Mawabwè s’est amusé à ce jeu, et au finish, deux joueurs de l’Etoile Filante se sont retrouvés à l’hôpital. Le premier, Atali Yao, un pied cassé, et le second, Sédzro Dino, une cheville complètement exterminée par l’adversaire..


Sur l’une tout comme sur l’autre action, le juge de la partie a oublié de siffler la faute. Il sera, par la suite, honteusement mis sur le fait des dégâts accomplis. En plus qu’il accorda au cours du match un pénalty égalisateur invraisemblable aux Verts de Tokoin, on pouvait croire qu’il avait pour mission de les favoriser, mais non ! Bodjona Mawabwè ne roulait pour personne. Il était juste trop petit pour ce derby dont il eut juste le mérite de trafiquer la destinée, et de rendre désœuvrés pour longtemps deux pauvres jeunes garçons. Qu’Agaza FC triomphe à la fin en séance des tirs au but, ou que l’Etoile Filante soit éliminée, ce qu’on retient, est  le comportement exemplaire affiché par les supporters du Shooting Star manifestement tolérants et sportifs par-dessus tout. Reste que, tout comme la FIFA radie à vie certains arbitres pour favoritisme notoire, la FTF doit savoir soustraire de son rang ces sifflets incompétents, sources de violences sur nos stades.


Ça aussi s’appelle une défaillance. Et personne n’a jamais pu comprendre comment, face au non-lieu prononcé depuis le 7 août par la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique de la FTF, dans l’affaire « Gbikinti-Maranatha », on ait attendu jusqu’au 4 octobre pour se plier à cette décision.


La défaillance, oui. Totale et collective. Parce que les autres membres du Comex ont préféré jouer d’hypocrisie et de mesquinerie. Personne pour dire au Colonel qu’il n’était pas sur le bon chemin, et qu’on affronte pas ses propres ailes marchantes ! Il a fallu que, la Commission de Recours de cette même FTF, se déclare incompétente pour juger de la même affaire 53 jours après la décision de la Commission d’Ethique, pour qu’on se sache vraiment…perdants. Tous les voleurs ou malfrats de notre sacro-sainte société, ne sont pas en prison à ce que je sache. Ainsi va la vie.  Ainsi sont les jugements des hommes. Et tant que ça sort d’une commission ou d’un tribunal…compétent, il faut s’y plier, cher Colonel.


Autre défaillance, depuis que Claude Le Roy est arrivé au Togo, la presse n’a plus le droit d’accompagner les Eperviers dans leur voyage. Conséquence, c’est à travers whatsApp qu’une infime partie de la population se laisse tromper par un certain media officer en des termes laconiques et dépouillés de toute vérité. Morceaux choisis : « Le Togo encaisse à la 7e mn de la seconde mi-temps alors qu’il l’a bien démarrée (…) Les Togolais tentent le tout pour le tout (…) », et puis c’est le second but iranien (15e mn). Quelle blague ! Dire qu’on est en 2017, et que déjà en 1960, notre pays connaissait le goût des retransmissions en direct. Une incroyable défaillance, celle-là !


Ça s’appelle également une défaillance. 16 rencontres dirigées, 8 défaites, 3 nuls, et 5 victoires. Et quelles victoires encore ? Si ce ne sont des triomphes sans gloire sur Djibouti, le Mozambique, l’Ouganda, les Iles Comores et le Niger. Tout ça pour plus de 500 millions de francs CFA empochés en 18 mois par un sélectionneur d’une autre époque. Un vieillot dont les idées, les discours et les méthodes sont archaïques à tout point de vue. S’il est écrit quelque part dans la bible qu’un sorcier peut être capable d’envouter tout un pays, je signerais ici que, la République togolaise est sous l’emprise de ce technicien à la forte gueule nommé Claude Le Roy.


La défaillance, oui. Totale et institutionnelle. Avec des autorités politiques et sportives muettes, une fédération aux pas, des collaborateurs béni-oui-oui et des joueurs transformés en esclaves, le « Gaulois » roule tranquille. Que se multiplient les défaites, match après match, sa poche ne fait que se remplir de francs CFA, d’euros et de dollars. Le tout, puisé de la sueur du pauvre contribuable togolais et des dividendes tirées grossièrement des journées FIFA. En envoyant les Eperviers se faire pincer de nouveau les ailes en Iran (0-2) jeudi dernier, Claude Le Roy, n’aura rien perdu. Il en a sûrement eu pour son insatiable poche. Tant mieux pour lui ! Tant pis si le Togo touche le fonds du classement FIFA. Quel pays au monde risquerait de conserver à la tête de sa sélection ce genre d’aventurier ? Le Togo, me diriez-vous ! Parce qu’il peut s’avérer l’Etat des plus horribles défaillances du monde.

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