• Accueil
  • |
  • L'agence
  • |
  • Contact
  • |
  • Connexion
  • |
  • Subscribe

La chanson disait, « il y a du sang sur la route qui mène à la tour du pouvoir… ». L’auteur, Alpha Blondy, dans sa « Course au pouvoir », était loin de penser qu’on pourrait assimiler ses mots à un combat de boxe dont l’issue appelle la sueur, des blessures, de vives douleurs, et donc, du sang…


L’artiste ivoirien, lui, parlait de sang innocent. Celui que le peuple verse quand « les partis en face disent la même chose pour la même cause, dans un face à face où le peuple se retrouve face au peuple ; et où le peuple massacre le peuple. Au nom du peuple ». Dans ces cas, et tel que le rappelait Alpha Blondy, une chose est sûre : les partis en face sont toujours d’accord qu’ils ne seront jamais d’accord.  Résultat, il y a du sang sur la route qui mène à la tour du pouvoir… Il a fallu à certains hommes, pour accéder au trône présidentiel, de marcher dans le sang de leurs compatriotes. Il s’agit là, bien sûr, de sang innocent. Tout le contraire du sang que peut verser un boxeur sur le ring. L’exemple de John Messan Kpalongo, le tout premier boxeur togolais à titiller le titre mondial, continue de hanter les esprits. Lui qui a tout donné pour son pays sans rien gagner en retour. Il était comme enterré avant que n’arrive son heure.


Jusqu’à ce qu’il ne pousse son dernier soupir, la misère était son escorte. Il rentre ainsi dans l’histoire de tous ces grands sportifs togolais qui, après avoir marqué de façon extraordinaire leur temps, ont fini dans le dénuement total. Et puis, comment oublier la raclée mémorable prise en terre californienne aux Etats-Unis, devant le Mexicain Carlos Zarate en championnat du monde des Poids coq le 10 mars 1979 au nom du Togo ?! Il représentait à cette époque un pays qui ne lui avait pas donné les moyens de faire un combat de cette envergure. Sans entraineur, sans suivi médical, sans restauration digne de ce challenge, il avai failli mourir au combat. Il y a du sang, on vous l’avait dit, sur la route qui mène à la gloire, pardon, à la tour du pouvoir…


Comment oublier aussi qu’il y a seulement un peu plus d’un an, plus précisément le 22 avril 2016, Kpalongo, dans un cri de détresse, demandait de l’aide à la République ?! « J’ai combattu pour ce pays, aidez-moi ! » criait-il. Aucune oreille n’avait été attentive aux complaintes de l’ancien champion, sauf que, son état déjà assez lamentable, s’est jour après jour, détérioré jusqu’à sa mort le 7 juin dernier. Il peut enfin se reposer. Loin de la méchanceté d’un pays qu’il a mis toute sa force, toute sa jeunesse à servir… Ces mots qu’il a laissés : « Si les anciens dirigeants ne m’ont rien fait, les nouveaux ne peuvent-ils pas faire quelque chose pour moi ou bien attendent-ils, peut être, que je meurs pour recouvrir mon cercueil des couleurs nationales », resteront à jamais le témoignage assez émouvant d’un dernier combat qu’il a livré et perdu contre son propre pays. Et parlant justement de ce pays, un compatriote du nom de Espoir Améganvi a laissé un commentaire sur la toile, qui exige de ses dirigeants, une profonde réflexion et une sérieuse remise en question : « Le Togo…un pays dans lequel les vieilles gloires sont oubliées. C’est triste, déplorable et malsain. Après, ils s’étonnent que les jeunes talents quittent le pays. Tous les domaines sont touchés. Aucune considération pour ceux qui ont porté haut le nom de notre patrie. Honte, honte, honte à vous ! ». Fin de citation. 

Faites un commentaire