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Togo: Chronique/ Yves de Fréau/ Notre choix, notre prière…

Après une nouvelle hausse des prix du carburant, le peuple togolais dans son ensemble, a eu l’impression de s’étouffer. Quelques semaines seulement déjà que le même supplice lui était imposé. Et il s’est mis en colère. Lui pourtant si calme, si gentil, si silencieux ces dernières années ! Cette fois, il s’est senti complètement détruit. Alors, il a envoyé sa jeunesse dans les rues pour affronter l’hydre.  Pauvre jeunesse… Dans son combat, elle a perdu une âme innocente. Puis, dans toutes les têtes est revenu un couplet d’un certain Enrico Macias : « Un berger vient de tomber sous les armes. Le cœur de l’humanité est en larmes. Et le monde bouleversé, réalise d’un seul coup que, la terre engendre quelques fois des fous. Ceux qui, devant son corps, font la fête, oublient que la mort n’est pas une défaite… »


La défaite, c’est lorsque, faute de combattant, les hostilités prennent fin. Mais, la vérité est que, dans ce monde, que ce soit en politique ou en sport, il n’y a ni de victoires infinies ni de défaites éternelles. L’histoire de Nelson Mandela est là pour nous mettre d’accord sur le fait qu’un jour, l’oppressé peut se retrouver  à la place du maitre des maitres. Autre cas, celui du sport, bien sûr, où Gomido FC de Kpalimé, après tellement de contreperformances, est finalement arrivé à s’offrir un succès. Il a fallu que, ce club choisisse aussi bien le moment pour commencer à essuyer tout doucement toutes ces larmes que le temps lui a fait couler. Toutes ces douleurs qui ont plongé Kpalimé dans une nuit sans fin et l’avaient rendu fragile, peuvent commencer par disparaitre à présent. Oui ! A présent que Kpalimé, après avoir fait pénitence, accepte d’unir ses fils, tout peut aller pour le mieux. Comme ce fut le cas dimanche dernier face à Foadan FC…


Dimanche 26 février 2017, le stade municipal de Kpalimé qui renait de ses cendres, s’ouvre sur la fête de football en accueillant un match de la 16e journée du championnat national de première division. Une fête de football, oui. Pourtant, la honte d’occuper l’avant dernière place du classement, les blessures morales des défaites concédées de l’autre côté à Kpélé-Kponvié et la peur de descendre en deuxième division, sont bien présentes dans les esprits. D’où la grande question : le retour au bercail sera-t-il le remède au désastre ?


Très vite, la scène est dressée. Ceci, devant un public jamais contenu par ce stade quelque peu transformé, tellement il est devenu si beau. Plus beau que tous les autres, que ce soit celui de Womé, ceux de Lomé ou encore de Sokodé. La scène est bien dressée, les adversaires venus de Dapaong, sont bien accueillis, pardon, bien attendus par les Show Boys... Puis, le spectacle a commencé. Au finish, 2-0 pour les protégés du président Winnie Dogbatsé. La fiesta a donc vraiment eu lieu. Succédant, dans un premier temps, aux discours pour remercier le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé pour son implication dans la réalisation du rêve de rénovation de ce stade. Et dans un second temps, aux paroles pour louer l’Eternel. Les couleurs d’un nouvel appel historique, ont semblé inonder le ciel de Kpalimé. Et pour ceux qui portent dans leur cœur Gomido FC de Kpalimé, il est permis, à partir de cet instant, tous les rêves. D’abord, celui de battre ce dimanche l’Asko de Kara, ensuite celui de quitter définitivement la zone de relégation. Histoire de se faire une place toute neuve au soleil. Rien que pour ce bijou de stade refaite et repeinte grâce aux efforts conjugués du président de la République et du premier responsable de ce club, Gomido ne mérite pas de descendre en deuxième division. Car pour nous, une foule en joie telle que celle croisée à Kpalimé le week-end dernier, c’est toujours fort mieux qu’une jeunesse en colère réclamant son bien-être et une meilleure gouvernance. C’est notre choix. C’est aussi notre prière. Puisse t-il être aussi le plus grand souci de ceux qui détiennent la destinée de notre sacro-sainte République. Afin qu’aucun autre berger ne tombe sous les armes…

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