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Togo: Chronique/ Yves de Fréau/ Sincères condoléances…

Comme s’il n’attendait que ça, avant de passer l’arme à gauche !


Comme si son ultime combat était ce match contre le dauphin Sémassi FC avant de s’en aller définitivement !


Comme si un premier sacre national avec le club qu’il avait dirigé une vingtaine d’années durant, suffisait pour faire le voyage de l’au-delà ! Sans peine et sans regret. A peine avait-t-il appris le résultat nul (1-1) contre Sémassi FC synonyme de sacre que, le président de l’AS Togo Port eut une crise qui l’emporta de l’autre côté du rideau, au pays de l’ombre...


On le savait souffrant depuis quelques temps, mais il s’accrochait à la vie, attendant ce moment de triomphe qui manquait à son tableau. Mais comme disait François Valérie, « l’œuvre la plus importante de chacun de nous, c’est sa mort ». Ainsi quelques minutes après son premier titre de champion national, Essoyaba Boukpessi réalisa sa plus importante œuvre au soir de ce mercredi 17 mai…


Eh bien, plus jamais on ne le reverra, le cher monsieur. Ce dirigeant sportif qui a marqué la vie de l’AS Togo Port et celle du football togolais pour avoir été vice-président de la fédération nationale ; cet homme à la colère calme et douce, plus jamais, on ne le reverra nous bombarder de ses blagues, de son chaleureux sourire et de ses conseils si tendres et si instructifs. Agressez-le, il vous donne tout suite un sobriquet. Contrariez-le, il continue avec vous, tout souriant. Pour l’avoir critiqué un jour dans un journal, il me téléphona et me dit, « Monsieur Yves de Fréau Jardin, tu es un véritable attaquant, tu sais ? ». Il était tout drôle, tout blagueur face à une situation qui mettrait en courroux tout dirigeant de club. Par la suite, on était devenus de très bons amis, et jamais, il ne m’avait plus appelé par mon propre nom. Pour lui, depuis 2010, je n’étais rien d’autre qu’un attaquant…


Ce monsieur était un sportif tout court, et ses coups de colère ne duraient pas plus d’une minute. Il avait le fair-play dans l’âme. Le regretté Boukpessi n’avait rien de ces dirigeants qui, pour un oui ou un non vous menacent. Il va nous manquer. Il va manquer encore plus à l’AS Togo Port, ce club devenu cette saison un rouleau compresseur, et qui lui doit déjà son tout premier titre de champion national. En plus du seul trophée mis en jeu cette année par la Fédération Togolaise de Football : la coupe de l’Indépendance gagnée en avril dernier. C’est fou, que le destin de l’homme puisse être aussi étrange ! C’est fou, que la vie de l’homme puisse être aussi courte ! Celle de Essoyaba Boukpessi comme celle de tout être humain ne pouvant dépasser les prescriptions divines, alors, il a dit oui lorsque le Créateur lui a fait appel. Il avait beau se défendre contre la maladie qui, jour après jour, le fragilisait, il a fini par dire « Seigneur, je suis prêt, ramène-moi ! ».


Ainsi Boukpessi s’en est allé, tournant le dos à la fête et à la joie du sacre obtenu un soir de mercredi. Sémassi FC de Sokodé, le seul à pouvoir disputer le titre aux Portuaires, n’a fait mieux qu’un résultat nul d’un but partout. Tout, en cet instant, était consommé. Et avec leur grosse différence de but, Ayivi Ekuévi et ses poulains sont hors de portée de tous. Ils sont loin des misères de Kotoko FC de Lavié, et des terribles incertitudes de  Anges FC de Notsé et Agaza FC de Lomé. La précarité de ces trois formations, semble si flagrante que personne n’oserait miser un franc sur leur survie en première division. Mais, c’est parce que, en football rien n’est jamais sûr, il est aussi permis de penser qu’au soir de la 26e et dernière journée de ce championnat, l’un ou quelques uns des clubs comme l’AS OTR, Foadan FC, Asko, Gomido FC et Gbikinti FC, répondent au lugubre appel de la descente.


Comme, on peut le lire entre les lignes, ils sont six clubs auxquels tout pourrait encore arriver. Dans leur esprit commun demeure la psychose de l’enfer de la deuxième division. Là où vit depuis 17 ans l’Entente II, laquelle face à Espoir FC, a loupé dimanche dernier l’occasion d’en sortir. Cédant presque sans se battre, l’unique billet de la Zone Sud au club de Tsévié, délivré, lui, enfin, de l’ébriété et des difficultés de la D2, là, dans cet univers angoissant où habite l’Etoile Filante depuis trois ans. Là où l’Asfosa a décidé de s’expulser depuis le 14 mai dernier en s’inclinant devant…l’Etoile Filante. Ce triomphe (1-0) au stade Oscar Anthony, des Bleus sur les Oranges, faut-il le préciser, leur a permis de continuer l’aventure en D2. Par contre, Amoutivé, Bè, Ablogamé, Akodesséwa et leurs environs, pleurent la descente en 3e division de leur Asfosa bien aimée…Sincères condoléances aux descendants de la famille « Orange et Noir » ainsi qu’à l’AS Togo Port, aux parents, épouses, enfants, amis et alliés du regretté Essoyaba Boukpessi.

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