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Le régime cinquantenaire RPT/UNIR de père en fils est secoué depuis le 19 août par une contestation généralisée des togolais qui exigent le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora. Cette manifestation pacifique organisée par le PNP (Parti National Panafricain) de Tikpi Salifou Atchadam qui a drainé du monde dans plusieurs villes, notamment Lomé, Sokodé, Bafilo, Kara et Anié, a été sauvagement reprimée par les forces de dites de l’ordre et les militaires, tel que l’avait promis le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Yark Damehame au cours d’une conférence de presse 48 heures avant.


Les images de cette sauvagerie sans précédent ont fait le tour du monde, à l’heure de l’internet, suscitant colère et indignation au sein de la communauté régionale et internationale. Comme d’habitude, à chaque fois que le système anachronique en place est mis en difficulté par le peuple qui pose des revendications légitimes, il cherche à faire passer l’adversaire pour un anarchiste et ensuite trouver des boucs émissaires. 

Le PNP et son leader sont qualifiés de djihadistes par le régime et ses sous-fifres qui multiplient les masturbations intellectuelles et autres manipulations sur les réseaux sociaux. Des accusations qui sont loin de convaincre l’opinion. Au sein du pouvoir très ébranlé par les manifestations à l’intérieur et au sein de la diaspora, on multiplie réunions, sorties médiatiques, pour servir des mensonges à l’opinion, mais aussi proférer des menaces à l’endroit des acteurs politiques ou des populations contestataires. Au plus haut sommet de l’Etat, on ne compte plus les réunions qui se tiennent. Le maitre des lieux à sa petite idée sur ceux qui peuvent être les soutiens de Tikpi Atchadam et son parti le PNP. Parmi ces boucs émissaires ou têtes de turc tout trouvés, se trouve le Général Séyi Mémène. 

Cet officier, ancien ministre de l’Intérieur à la retraite qui s’est lancé dans les affaires à travers sa société de gardiennage, fait l’objet d’une série d’accusations fallacieuses depuis la crise de chefferie de Lama Tessi en passant par le montage du Colonel Ouro-Koura Agadazi auprès de Faure Gnassingbé. Bien que ce général à la retraite ait mis en difficulté son détracteur devant Faure Gnassingbé, en présence de certains officiers, cela n’a pas suffi à dissiper les soupçons à son endroit. 

La percée spectaculaire du PNP et les gigantesques marches qui ont ébranlé le régime ont ravivé les accusations, non pas de connivence entre le général et son neveu qui se trouve être le leader du PNP, mais de complaisance du premier à l’endroit du second. Suffisant pour que Faure Gnassingbé échange ces jours –ci avec le Général Séyi Mémène, certainement pour en savoir plus sur ses intentions. Pas sûr que les gages de fidélité donnés au locataire du palais de la Marina puissent le rassurer. Les jours à venir nous situeront. Une chose est certaine le Général Séyi Mémène est dans l’oeil du cyclone.

La deuxième personnalité et non des moindres qui se trouve dans le viseur de Faure Gnassingbé est, elle aussi, ancien ministre de l’Intérieur, qui a choisi en 2005 de rompre avec le régime et ses méthodes pour s’exiler. Avec François Akila-Esso Boko, Faure Gnassingbé souffle le chaud et le froid depuis plus de 12 ans. Bien qu’ayant pris ses distances d’avec le régime et aussi de la scène politique, réduit au silence par les obligations de réserve liées à sa vie professionnelle, il ne se passe de jour où il ne hante le sommeil de Faure Gnassingbé. En juillet 2010, alors qu’il était en mission au Bénin pour le compte de l’Union européenne, les barbouzes du régime de Lomé sous les ordres du sulfureux et tristement célèbre Alex Yotroféi Massina, ont infiltré la capitale béninoise pour l’assassiner. Il n’a eu la vie sauve que grâce à une exfiltration vers Paris. Au Tchad, il a dû mettre fin à sa mission à la suite des informations sur un plan visant à porter atteinte à sa vie. 

Au Cameroun, le régime a fait des pieds et des mains pour mettre fin à son contrat, en vain. Les représailles du pouvoir n’épargnent pas la famille et les proches de l’ancien ministre. Certains ont perdu leurs boulots, d’autres ont aussi pris le chemin de l’exil. 

Le régime en place, dans sa méchanceté, a même refusé de renouveler depuis plus de dix ans les documents de voyages de l’ancien ministre, poussant ce dernier à se faire naturaliser français. Connaissant les méthodes ubuesques et exécrables du pouvoir aux abois de Lomé, ses tenants n’hésiteront pas à passer à l’acte après l’étape des accusations. Il est souhaitable qu’il se garde bien d’aller dans ce sens, au risque de se brouiller avec Paris. 

Le dernier de la liste et non le moindre qui hante le sommeil de Faure Gnassingbé, c’est Pascal Akoussoulèlou Bodjona. Ejecté du système depuis plus de 4 ans, embastillé dans un premier temps à la Gendarmerie pendant plus de 8 mois, et dans un deuxième temps à la prison de Tsévié, sous des accusations montées de toutes pièces dans la rocambolesque affaire d’escroquerie dite internationale, le natif de Koumea en réserve de la République, réfléchit en silence à son destin. Les rares fois qu’il est apparu en public avec sa femme, notamment à deux reprises au 14 juillet à l’ambassade de France à Lomé, l’homme pète la forme sur tous les plans. 

Naturellement, avec une forme pareille, il n’échappe pas au radar de Faure Gnassingbé qui continue de l’observer comme du lait sur le feu. Contrairement aux deux premiers qui sont formellement cités dans les arcanes du palais comme des soutiens à Tikpi Atchadam, Pascal Bodjona fait juste l’objet de soupçons. Les trois personnalités qui sont actuellement pointées du doigt ont un point en commun, celui d’avoir un temps de leur parcours occupé le poste de ministre de l’Intérieur, même si celui de Pascal Bodjona avait été amputé du département de la Sécurité. 

Lorsque les dictateurs sont souvent acculés par leurs peuples, la peur de perdre le pouvoir donne lieu à toutes formes de paranoïa et de complots imaginaires. Le système déliquescent de Faure Gnassingbé n’échappe pas à cette réalité. Ce sont bien là les signes précurseurs d’une chute prochaine. Le peuple sait désormais que le tyran est fébrile et ne lâchera plus rien, «adviendra que pourra».

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