• Accueil
  • |
  • L'agence
  • |
  • Contact
  • |
  • Connexion
  • |
  • Subscribe

Alors que plusieurs sources soupçonnaient le régime togolais de pomper clandestinement du pétrole, le rapport annuel 2016 de la Banque de France sur la zone Franc est venu, dans un premier temps, confirmer les soupçons. L'économiste Thomas Koumou découvre en premier les chiffres et lance l’alerte avant de réaliser lui-même que l’institution se serait probablement trompée. Son geste attire l’attention de la Banque de France qui réagit timidement dans l’élan revendicateur d’un droit à une erreur aussi grossière.


A la vitesse de la lumière, la nouvelle a envahi les réseaux sociaux et est relayée unanimement par les médias. Des chiffres de la banque de France qui confirment les interminables alertes sur l’exploitation clandestine du pétrole et de l’or au Togo. Comme leur enseigne le Chef de l’Etat, les autorités se logent derrière un silence retentissant. 

Citée par l’auteur du rapport comme source des données intégrées au document en question, la BCEAO réagit et décline sa responsabilité. L’institution estime n’avoir à son niveau, aucune donnée sur une quelconque exploitation de pétrole au Togo. 

Ce qui sortira la Banque de France de son trou, par une déclaration bien détendue sur les réseaux sociaux :


 


Et c’est tout ? Ne présente-t-on pas des excuses si on reconnait avoir commis une erreur ? 

C’est évident que ce manque de considération à l'endroit de l'opinion peut bien cacher deux faits : soit véritablement, ce n’est pas une erreur ou alors la Banque de France est dans la logique d’un légendaire mépris vis-à-vis de ces pays éternellement accrochés à ce franc CFA que les pays africains n’arrivent pas à gérer eux-mêmes, tellement leurs chefs d'Etats sont pourris de scandales de mal gouvernance, de flux financiers illicites à l’affût de corruption. 

Mais une chose est certaine, cette sortie de la Banque de France est loin de clore le débat sur la gestion opaque des ressources naturelles et minière du Togo. Tant que le Togolais averti ne saura pas quelle est la part de responsabilité de Komi Klassou dans l’affaire d’évasion fiscale à WACEM-Togo, tant que Faure Gnassingbé ne déclare pas avec honnêteté ses biens, tant que la loi de finance reste un document secret d’Etat jusqu’à caducité, tant qu’on ne présentera pas à l’opinion les vraies retombées de la vingtaine de milliards investis pour organiser le fameux sommet de Lomé sur la Sécurité maritime, le citoyen aura des grandes et légitimes raisons de croire qu’une conspiration est en cours dans les eaux, là-bas, au fond de l’océan atlantique. 


A. Lemou 

Faites un commentaire