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Incroyable mais vrai. Et c’est au Togo que cela se passe. Les lois de la République semblent être mises en état de veille. Aussi curieux que cela puisse paraître, le gouvernement se prévaut d’un accord tactique intervenu entre les protagonistes de la crise politique pour interdire les manifestations publiques.


Cet accord qui ne concerne que les préalables pour le bon déroulement du dialogue en cours sous l’égide de la facilitation du président ghanéen Nana Akufo-Addo, est loin de faire office de loi, pour être étendu à tous les secteurs. Puisqu’il ne lie tactiquement que les deux parties pour la période du dialogue. Et pourtant c’est l’argument avancé par le ministre Payadowa Boukpessi, de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, pour interdire un meeting de Front citoyen Togo debout, et tout récemment, une marche de la C14. Aujourd’hui, cette interdiction s’applique aux travailleurs. 

En effet, la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) devait organiser demain une marche silencieuse. « La Coordination générale de la STT porte à la connaissance de tous les travailleurs que la marche silencieuse de protestation…prévue pour se tenir le samedi 31 mars 2018 n’a pas été autorisée en raison de la suspension des manifestations publiques conclue entre les acteurs politiques dans le cadre du dialogue. Sur le plan manifestation, il est donc demandé de rentrer dans la dynamique et de respecter cet accord en tant qu’acteur social », a indiqué un communiqué de la STT. 

Cette interdiction viole non seulement la Constitution et les lois de la République, notamment la loi sur les manifestations publiques au Togo, mais aussi les droits civiques des citoyens. Comment de simples préalables consentis dans les salles climatisées de l’hôtel de 2 février suffisent à interdire toutes manifestations publiques ? Pendant qu’il brandit cette interdiction, le pouvoir Rpt-Unir continue de procéder à des arrestations et des détentions arbitraires et de violer les termes du fameux accord dont il parle. Les villes de Mango et de Sokodé sont état de siège.

Et ça, c’est une erreur de l’opposition qui s’est trompée sur la bonne foi de l’adversaire en face, en acceptant de ranger la seule arme qu’elle a pour exercer la pression sur le pouvoir. La preuve, malgré la mise en garde du pouvoir par le Facilitateur, Faure Gnassingbé et ses affidés accélèrent les consultations électorales et se préparent pour 2020. « Comptez sur la bonne foi de l’oppresseur, voilà l’étrange naïveté qu’affiche souvent l’opposition », écrivions-nous dans notre derrière parution.

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