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Le président de « Veille Econnomique », Thomas Dodji Koumou revient cette semaine avec la suite de son analyse sur le dossier Togotelecom. Lisez plutôt !


J'espère que vous avez tous passé un bon week end. Malgré l'orage médiatique actuel, je vous prie de trouver ici la suite de l'analyse sur le dossier TOGOTELECOM.

L’analyse financière d’une entreprise peut commencer avec l’examen du compte de résultats (chiffre d’affaires, soldes intermédiaires de gestion, résultat net, charges d’exploitation etc.) et du bilan (grandes masses du bilan). Elle peut se poursuivre avec l’analyse des ratios (ratios de gestion, ratios de structure, etc.), combiner l’analyse dynamique avec l’analyse statique pour obtenir davantage d’informations, examiner le secteur d’activité à travers un benchmark avec une analyse macroéconomique. Lorsque l’entreprise est cotée en bourse une analyse technique (statique et dynamique) est nécessaire selon les objectifs visés.

Pour être en mesure de procéder à ces analyses, il faut avoir à sa disposition : le rapport d’activité ou le rapport de gestion ou le rapport annuel de l’entreprise cible sur plusieurs exercices. Dans le monde moderne actuel, ces documents se trouvent facilement sur les sites internet des entreprises. Surtout lorsqu’on est en présence de sociétés d’état. Le problème au Togo, c’est que vous n’avez accès à aucun des documents précités surtout pour ce qui concerne les sociétés d’état dont les ressources et les actifs appartiennent à tout un peuple. Je me demande alors pourquoi on veut les armes à la main, continuer par gouverner le pays ?
Pour les analyses qui suivent, nous avons pu trouver des informations sur : les chiffre d’affaires, les investissements (site internet de l’autorité de régulation des postes et télécom), l’Impôt sur les Sociétés (IS) et les dividendes (budgets 2015-2017) des deux sociétés TOGOTELECOM et TOGOCELLULAIRE. Malgré cela, vous aurez une fois de plus, une idée sur la gouvernance économique de notre pays.

Je voudrais préciser en outre que TOGOTELECOM a souscrit à un endettement sur le marché financier régional de l’UEMOA en 2015 (Togo Télécom ; EE/15-03 ; EE/15-04 ; EE/15-05 ; TOGOCEL 6,50 % 2015-2025) pour un montant de 35 milliards de FCFA. Qu’à on fait avec cette dette ? Avons-nous fini de payer ?

Il parait que cette restructuration répond aux désirs des partenaires du Togo. Si tel est réellement le cas, les gouvernants seraient bien inspirés de mettre sur les sites internet des sociétés cibles les rapports d’activité et les rapports de gestion afin qu’on puisse les analyser. Lorsqu’on veut absolument gouverner indéfiniment les armes à la main, l’observation d’un minimum de transparence serait la moindre des choses.

Dans les budgets successifs (2014-2017) les gouvernants ont budgétisé à titre prévisionnel, les impôts sur les sociétés (IS) des deux sociétés. Par principe, l’IS est payé par une société dont les résultats sont bénéficiaires.

Pour TOGOTELECOM, les gouvernants ont prévu dans le budget au titre de l’IS : 2,791 milliards de FCFA (2013) ; 2,375 milliards de FCFA (2014) ; 2,533 milliards de FCFA (2015) ; 2,026 milliards de FCFA (2016) ; 334 millions de FCFA (2017).

Pour TOGOCELLULAIRE, les gouvernants ont prévu dans le budget au titre de l’IS : 5,5 milliards de FCFA (2013) ; 4,8 milliards de FCFA (2014) ; 5,21 milliards de FCFA (2015) ; 6 milliards de FCFA (2016) ; 9,5 milliards de FCFA (2017).

Ces prévisions budgétaires montrent clairement que les gouvernants estiment de fait que les deux sociétés se portent bien et réalisent des bénéfices depuis 2013. L’analyse de la progression des chiffres d’affaires des deux entreprises corrobore cette hypothèse. Si TOGOTELECOM connait des baisses en 2014 (-1,11%) et en 2015 (-16,45%) avec un chiffre d’affaires qui passe de 47,293 milliards de FCFA (2013) à 46,765 milliards de FCFA (2014) puis à 39,071 milliards de FCFA (2015) ; TOGOCELLULAIRE enregistre par contre des progressions sur le chiffre d’affaires en 2014 (+6,18%) et 2015 (+9,63%). Le chiffre d’affaires de TOGOCELLULAIRE est ainsi passé de 83,57 milliards de FCFA (2013) à 88,73 milliards de FCFA (2014) puis à 97,289 milliards de FCFA en 2015.
Il est donc aisé de déduire que les deux sociétés ont enregistré en 2015 un chiffre d’affaires global de 136,36 milliards de FCFA. De plus, nous avons constaté, en croisant les données du budget avec celles de l’autorité de régulation, que les deux sociétés ont enregistré entre 2013 et 2015 des taux de rentabilité d’exploitation moyennes de 14%.

Les premières analyses nous montrent donc que selon les chiffres des gouvernants, les deux sociétés sont en très bonne santé financière jusqu’en 2015. Dans ces conditions, quelles sont les raisons qui peuvent motiver une restructuration avec la création d’une holding et plusieurs filiales ? Y a-t-il insincérité sur les chiffres publiés ? Nous allons poursuivre les analyses et chacun se fera une opinion sur le dossier lors de notre prochaine publication.

La grande question que je me pose est celle-ci : Comment peut-on vouloir les armes à la main continuer par gouverner le Togo avec l'état de la gouvernance économique que nous connaissons depuis des décennies? Aucun signal d'orientation de la politique économique ne nous permet à ce jour d’espérer une amélioration.

Je voudrais réitérer à notre jeunesse que ce l'on fait dans sa vie résonne dans l'éternité.
Puisse la Divine Providence veiller sur nous et marcher à nos cotés.

Thomas Dodji Nettey KOUMOU 

Veille Economique

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