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A l’image de l’Université mère de Lomé, la jeune Université de Kara est en proie à des mouvements de contestations par des mouvements estudiantins. Et pour cause, depuis la rentrée universitaire (plus de 6 mois), les robinets sont fermés, les étudiants affamés : pas d’allocations à part une infime frange de nouveaux bacheliers.


De quoi rougir les jeunes étudiants des deux universités, dont la précarité face à la situation socioéconomique, n’est plus à démontrer. De Lomé à Kara, de rudes mouvements de revendications des étudiants ont pris place, une grogne générale, dont seuls les étudiants téméraires arrivent à externaliser au sein des mouvements estudiantins, au risque de leur parcours universitaires. 

Au Togo, rien ne s’obtient de l’Etat sans manifestation, quelle que soit la facilité la plus absolue avec laquelle le gouvernement peut le fournir. Ainsi, la Ligue Togolaise des Droits de l’Etudiant (LTDE) et la Synergie des Elèves et Etudiants du Togo (SEED) se sont engagés à réclamer pour tous leurs camarades, ce qui leur « revient de droit » : Au moins les allocations. 

Les dernières manifestations à l’Université de Kara à 420 km environ au nord de la capitale ont eu lieu les 15, 16 et 19 mars à l’affût de répressions militaires et de coups de gaz lacrymogènes dans la ville d’origine du chef de l’Etat où le préfet militaire est hostile à toute manifestation à caractère contestataire. Mieux, les étudiants qui ne décolleraient pas, ont été renvoyés manu militari en congés de pâques, une semaine avant la date initialement prévue par le calendrier universitaire. 

La méthode étant de séparer les étudiants et les contraindre au silence, pendant que leurs comptes bancaires sont toujours vides, la famine et la misère aux portes. Ventre affamé n’a point d’oreille, dit-on. 

La reprise des classes approche. Les étudiants relancent les mouvements. Et le nouveau président de l’Université d’intimider et de menacer comme à l’image de Dodzi Kokoroko, brandissant ce qu’ils appellent des mesures « d’ordre, de discipline et de sécurité pour un bon déroulement du reste de l’année académique en cours » avec des étudiants sans aucune assistance sociale. 

Les grands comparateurs diront qu’ailleurs l’université est réservée aux plus nantis. Et plus loin, ils s’enfonceront dans le paradoxe en arguant être porteurs d’une politique d’inclusion sociale axée sur « la jeunesse ». 

Le professeur Komla Sanda, président de la jeune université de Kara, cache mal ses menaces sur les mouvements estudiantins : « Les autorités universitaires mettent en garde les responsables des deux associations et leur intiment l’ordre formel de se raviser sans délai sous peine de poursuites judiciaires et pénales », écrit-il dans un communiqué. 

Comme à l’accoutumée, le harcèlement judiciaire, l’autre arme qui fonctionne bien pour clouer le bec aux citoyens et à la jeunesse affamée qui ne demandent que pitance 36 000F CFA (dont 2000F cfa pour les banques par étudiant) chaque trimestre. 

Quand on sait que la cité universitaire côute 12 000F cfa le mois pour chaque étudiant, sans compter le manger, la documentation, la santé, etc., on se demande si on a besoin d’un forum présidentiel pour savoir de quoi a besoin la jeunesse togolaise ? Suivez nos regards. 

A. Lemou

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