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Ecrire une chronique peut être dur dès fois. Et celle de ce 02 juin 2017 lendemain d’une nouvelle débâcle des Eperviers du Togo et veille de la célébration du 10e anniversaire du tragique événement survenu à Lungi, se révèle plus compliqué. Surtout qu’au milieu de tout ça, se dresse l’un des plus gros scandales intervenus dans notre football : un incroyable score de 11-0 infligé par une équipe ordinaire à un ancien champion national, récent finaliste de la coupe de l’Indépendance.


Par où commencer ? Tel est le premier souci du poète-chroniqueur qui, en plus du manque de repère à l’heure de construire la première phrase, semble très mal inspiré. Pour cause, sa plume est envahie par une grande tristesse, et son cœur saigne du fait d’être citoyen d’un pays dont les dirigeants s’égarent pour toute chose, en tout temps, et ne prennent rien au sérieux par-dessus tout…


Dimanche 03 juin 2007, une rencontre de football oppose la Sierra-Leone au Togo à Freetown. Elle se situe dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2008, et est remportée par les Eperviers du Togo 1-0. Une première vague de la délégation togolaise composée de 13 personnes parmi lesquelles, le ministre des Sports Richard Attipoé, le 2e vice-président de la FTF Théodore Amégnran, quelques membres de l’administration de la FTF et une certaine Olive Mensah, ex directrice de Radio Sport FM…cette première vague qui s’est envolée au coup de sifflet final pour rallier l’aéroport de Lungi, subit un crash à son atterrissage. Pas de survivant. Tous sont calcinés, y compris les membres de l’équipage de l’hélicoptère qui les transportait. Le reliquat de la délégation togolaise, va finalement rentrer au pays par les soins d’un vol spécial affrété par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Puis, plus rien. Les rescapés seront renvoyés dans leurs foyers respectifs sans aucune consultation psychique. Aucune assistance morale donc, ni financier. L’indemnisation à laquelle les familles éplorées ont droit auprès des services d’Assurance se trouve toujours de l’autre côté de l’horizon. Tout comme les résultats des supposées enquêtes… Dix années déjà que les familles des victimes et l’ensemble du peuple togolais attendent, espèrent…


Samedi  15 avril 2017, le match de la 21e journée du championnat national de football de première division opposant à Lavié, Kotoko FC à Anges FC de Notsé, se solde par une victoire 4-1 des visiteurs. Le lendemain, dans une émission sportive, le coach de Kotoko FC Jules Koudjodji dénonce une « vaste corruption de son équipe » par les dirigeants du club adverse. Il est même question dans cette affaire, de coups de téléphone, de transfert d’argent et de témoignages sonores par rapport au mode de fonctionnement des dirigeants incriminés. Les commissions compétentes de la FTF, face à ce dossier, sont restées…incompétentes jusqu’au point où le championnat ait pris fin sans qu’on y voie clair. Au contraire, un autre scandale est venu s’y ajouter. Pour assombrir davantage le déroulement de cette compétition et fausser les résultats.


Dimanche 28 Mai 2017, se disputent les rencontres de la 26e et ultime journée. Parmi les clubs en lutte contre la descente, Gbikinti FC. Tout comme Agaza FC et Anges FC, une victoire simple lors de cette ultime journée ne suffisait pas au club de Bassar pour se tirer d’affaires. Il lui faut au moins une dizaine de buts d’écart à l’issue de sa confrontation face à Maranatha FC pour dépasser le premier relégable Gomido FC et se maintenir en première division. Au bout de cette rencontre subie par les Messagers de Fiokpo, et suivie gaiement par des supporters des Lions quelque peu désorientés, le marquoir indique 11 pour Gbikinti FC et 0 pour les visiteurs. Score inédit. Buts partagés entre le goal titulaire, son réserviste, et un joueur de champ. Tout simplement scandaleux. Le président de Gomido FC, Winnie Dogbatsé, crie ‘’ô voleur’’ ! Le peuple sportif n’en revient pas. Un nouveau mot « Gbikintitada » fait son entrée dans le vocabulaire footballistique togolais. Tout ceci décide la FTF à l’annonce d’une enquête. Le football togolais ne pouvait pas se sentir plus mal avec cette fin de championnat affectée et infectée. Décidément…


Jeudi 1er juin 2017, Saint-Leu-La-Forêt, en région parisienne, la nuit s’est étendue sur la France depuis plus de deux heures déjà. A Lomé, où le soleil semble absent depuis le soir de la 26e journée du championnat, les discussions n’en finissent pas sur le nouveau « 3-0 » que les Eperviers du Togo, venaient justement de ramasser devant les Super Eagles du Nigéria là, quelque part dans l’Hexagone. Tout est allé si vite. A peine, trois Togolais ont-ils touché le ballon que leur goal Alassani Fatao est sommé par Ahmed Musah d’aller le chercher dans ses filets. Première minute, premier but. Un quart d’heure plus tard, le même Ahmed Musah punit la défense de Claude Le Roy par un doublé, avant que Kelechi Iheanacho n’en colle la sienne grâce à un lumineux service du…défenseur togolais Franck Mawuéna. 3-0 après 27 minutes de jeu. Voilà ce que ça sert de mettre un piteux attaquant de club pour diriger une défense d’une équipe nationale ! Voilà ce qu’on récolte en moins d’une demi-heure quand on demande à un talentueux milieu offensif comme Atakora Lalawélé, de jouer le rôle de milieu défensif ! Qui pour recadrer ce sélectionneur d’une autre époque ? Qui pour dire à Claude Le Roy de respecter l’équipe du Togo en n’y propulsant pas des petits joueurs de centre de formation ? Qui pour dire avec fermeté à ce technicien blanc de cesser ses stupidités et de rendre aux Togolais leur vraie équipe nationale ?

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