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Togo:Chronique/ Yves de Fréau/ Pour que cesse la farandole

Finis les rêves.  Descente brutale sur terre pour les Eperviers, et retour des classes ce week-end pour les 36 clubs de D1 et D2. Ce, après près de deux mois de trêve due surtout à la phase finale de la CAN disputée au Gabon. Le Togo, évidemment y était, avec les résultats qu’on connait, et qui ont dû le remettre à une place bien habituelle : 101e rang au classement mondial, derrière le Swaziland, le Rwanda, la Namibie, la Sierra-Leone, et même la Syrie…


Comme elle peut être têtue l’habitude ! Comme elle peut être récalcitrante l’histoire ! Dire qu’on a fait tous ces bruits pour en arriver là… Juste là où on était. Dire que, l’Etat togolais a fait le sacrifice de recruter Claude Le Roy et ses collaborateurs, juste pour continuer de faire la folle ronde pour danser la farandole. Cette danse prisée dans le Grand Kloto appelée akpessé, et qui vous ordonne de revenir à chaque fois au point de départ !


Pauvre Togo qui continue de se saigner pour son équipe nationale de football. Et qui en oublie que ses clubs ont besoin eux-aussi de vivre. Nombreux ils sont, à  trembler déjà, à la simple annonce de cette reprise des championnats. Pour manque cruel de moyens. Pourtant, là-bas, dans le nid des Eperviers, c’est en cinquantaine de millions de francs CFA que le pognon se compte. A quoi ont réellement servi toutes ces exigences financières du staff technique et des joueurs ? Primes de victoires... Et quelles victoires encore ? Prime de victoire sur Djibouti en éliminatoire de la CAN. Prime de victoire à Saly en amical contre un petit club nommé Diambars.  Prime de qualification pour la CAN Gabon 2017. Prime de campement partout où ils se retrouvent. Evidemment, il ne leur restait qu’à réclamer des primes d’existence après celle obtenue du résultat nul contre la Côte d’Ivoire à Oyem… Tout ça pour rien. Tout ça juste pour aider le Togo à dégringoler.


N’y a-t-il pas une autre manière de faire le football ? Et, en lieu et place de prime de victoire, pourquoi n’instaurerait-on pas, ce qu’on appelle au Cameroun, la « prime d’objectif » ? Et puis, ne peut-on pas, comme ça se faisait avant, s’appuyer sur la jeunesse vivant au pays ? A quoi ça va servir de se qualifier juste pour la CAN 2019, comme Le Roy a l’habitude de nous le crier au point de nous abîmer les tympans ? Qu’y aurait-il de plus derrière ça qu’une énième élimination au premier tour ? En plus qu’il faudrait encore être sûr, ou être capable de se qualifier pour ‘’Cameroun 2019’’ avec cette façon que le technicien français a de sélectionner ses joueurs !


Désormais, il faudra convenir qu’après le manque d’engagement, l’absence totale de dépassement et la très mauvaise prestation de certains Eperviers en terre gabonaise, un nettoyage systématique s’impose. Ainsi que de nouveaux critères de sélection des joueurs qui ne doit plus en aucun cas, être la seule affaire de Claude Le Roy. Refuser d’agir dans ce sens, serait d’aider le  « sorcier blanc » à ensorceler davantage notre football, et à plomber son avenir. Et pour ces dirigeants de notre sport qui semblent vouloir brûler les étapes en laissant le sélectionneur continuer par s’appuyer sur des expatriés peu convaincants, l’heure est venue de leur souffler que l’avenir de notre football réside dans cette jeunesse qui reprend les classes ce week-end.


Qu’après une participation à une phase finale de CAN, notre pays se retrouve à une 101e place, loin derrière ceux qui n’y étaient pas, témoigne d’un mal profond et persistant. Peut-être serait-il judicieux de rappeler que, depuis 2006, année qui a marqué sa première participation à une phase finale de coupe du monde, et mis presque fin à la génération battante que celle des Coubadja-Touré Abdel Kader, Shérif Touré, Tchangaï Massamaesso, Moustapha Salifou, le Togo n’a participé qu’à deux seuls grands rendez-vous : les CAN 2013 et 2017. Soit, une vilaine moyenne de 2 sur 6. Le forfait de 2010, les éliminations de 2008, 2012 et 2015, ajoutés aux piteux récents résultats de 2017, nécessitent que l’on examine d’urgence les raisons de ces échecs à répétition, et que l’on trouve les remèdes de cheval qui s’imposent. A force d’aller quémander des joueurs pour remplir la sélection, on risque de tomber encore plus bas. Et si lors d’une compétition comme la CAN, on se surprend à remarquer que le meilleur Togolais approche les 35 ans, qu’il est sans compétition, et qu’il s’appelle Shéyi Adébayor, il y a de quoi s’inquiéter. Plus que de chercher à trouver un successeur au capitaine des Eperviers, battons-nous pour la résurrection d’une véritable équipe nationale. Pas celle qui s’est produite au Gabon, mais une vraie. Et donc, un ensemble prêt à jouer la même musique, à danser au même rythme…A courir, à souffrir et à crever ensemble.


C’est ici au Togo que sont nés les goals Galley Félix, Tommy Sylvestre, Ndiké Mayé, Assogba Yaovi et même Agassa Kossi qui a eu le mérite lui, de garder presque 20 années durant, les cages de la sélection togolaise. De grands défenseurs comme Azianou Tobias, Hounkpati Ressort, Denké Wazo, Lawson Placca, Alassani Nassirou, Abalo Dosseh, Salou Tadjou, et autre Nibombé Daré, sont tous des fruits de notre terre commune. Et puis, d’autres talentueux acteurs de la trempe des Mébounou Clément, Géraldo Ambroise, Fiaty Anold, Apéti Edmond, da Sylveira Adjé, Rafiou Moutaïrou, Boukari Sadou, n’avaient et n’auront d’origine que celle de notre petit rectangle. Cliquons donc grands les yeux sur ces championnats qui reprennent, et sur les jeunes acteurs qui les animent, nous y décèlerons au moins 11 bons joueurs pouvant aider à déclencher une politique nouvelle de sélection. Et que le Togo se qualifie pour la CAN 2019 ou pas, n’est pas l’essentiel. L’essentiel réside dans la lenteur du futur, dans la patience d’une bonne formation et dans la douce attente d’une grande récolte après une belle semence. Rien ne sert de courir…

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