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La Chronique de Yves de Fréau/ Pluie de sanctions à la CAF… Le Togo rattrapé par l’histoire via son fils Bebou Yanissou

Alors que tous les regards sont dirigés vers la Russie où se déroule la coupe du monde FIFA 2018, la CAF, visiblement en colère fait, elle, un sérieux ménage en son sein. Une sorte d’assainissement de la maison, une véritable guerre contre les brebis galeuses… Au total, 11 arbitres et arbitres assistants  « provisoirement suspendus de toute activité liée au football de la CAF,  jusqu’à l’examen de leur cas par le Jury Disciplinaire le 5 août 2018 ». Les 11 autres, « l’un exclu à vie… ».  Le reste est « …suspendu entre deux, cinq, six, et dix années de toute activité liée au football de la CAF »… Soit 22 trimards décelés. Si on était sur un terrain de football, ils formeraient deux équipes multinationales composées exclusivement d’officiels corrompus. Pas du tout joli à entendre.

Sur la feuille de match, pardon, sur le papier des sanctions, les coupables sont de 9 nationalités dont la plupart, ghanéennes. L’ex Gold Coast seul a injecté 10 truands dans cette puante affaire, tandis que la Côte d’Ivoire a fait une contribution de 4 éléments. Suivent le Kenya, le Burkina-Faso, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Libéria et le Togo qui ont offert chacun, un de leurs meilleurs corrompus. La sanction la mieux corsée est infligée à un Kenyan. Son nom, Marwa Range. Arbitre assistant de son état, il écope d’une exclusion à vie de la maison « CAF ». Marwa Range (excusez-moi de ne pas les nommer monsieur) a pour dauphins, l’arbitre assistant gambien Jallow Ebrima et l’arbitre togolais Yanissou Bebou. Tous les deux sont coupables de malversations leur ayant couté 10 années de suspension de toute activité liée à la CAF. Des retraites qui ne disent pas leurs noms…

Naturellement, et par rapport au sujet, des débats sont ouverts partout en Afrique. En ce qui concerne le fameux Yanissou Bebou, prié par la CAF de s’inventer lui aussi une nouvelle vie professionnelle durant les 10 prochaines années, son cas est entrain d’être disséqué par ses compatriotes sur la toile. On peut lire entre autres, « 10 années de suspension pour lui, c’est peu… », « Il faut décourager ces éventuels corrompus en maximisant les sanctions de 15 à 20 ans ». Quelque part on peut dévorer ceci : « Hum ! Quand des gens gâchent toute leur vie pour des pots-de-vin » ou encore « Il faut emprisonner l’arbitre Bebou, pour avoir trainé dans la honte notre pays (le Togo) dans cette affaire de corruption ».

En effet, cette dernière mesure « drastiquement » proposée a suscité une réaction. Celle-ci est ainsi bâtie : « Avant d’emprisonner Bebou qui n’a pris que des miettes (ce qui gâte d’ailleurs sa carrière), il faut prendre soin de prendre d’abord ceux qui ont vilipendé nos 600 millions de francs CFA, et qui nous narguent en plus ». Cet observateur inconnu a beau prendre soin de mettre au bout de sa réflexion ces mots : « ce n’est qu’une réflexion et non un débat », il n’a nullement désactivé l’instinct ni la mémoire du citoyen blessé par tant de tolérance et de complicité de la part de nos gouvernants. L’histoire, il semble, rattrape toujours les peuples…

Une simple réflexion isolée d’un citoyen, et voilà des souvenirs qui ramènent aux malversations des CAN 2013 et 2017 ! Deux compétitions seulement à l’issue desquelles les déficits, ou plutôt (appelons les choses par leur noms), les sommes détournées sont allées au-delà du milliard. A raison de plus de 600 millions de francs CFA volés par CAN. Aucune poursuite face à ces filouteries dont les auteurs sont bien connus pourtant ! « Avant d’emprisonner Bebou qui n’a pris que des miettes, il faut prendre soin de prendre d’abord ceux qui ont vilipendé nos 600 millions de francs CFA, et qui nous narguent en plus », s’exclame l’observateur inconnu. Encore que ce dernier ne fait allusion qu’à une seule CAN, on peut estimer que sa réflexion n’est pas si mal que ça. Tout autant elle est fondée, tout autant, elle interpelle tout le monde. Du plus petit au plus grand Togolais, du pauvre au riche, de l’élève au maitre, du fonctionnaire au chômeur, du dernier des Togolais au Chef de l’Etat…

Hier, c’était un membre du Bureau exécutif de la Fédération Togolaise de Football cité dans une salle affaire. Aujourd’hui, il s’agit d’un autre compatriote, un représentant de notre pays à cette  même confédération, pris par des images, en flagrant délit de corruption. Curieuse culture que celle-là qu’on emporte avec nous dans nos valises… Curieux héritage que celui que nous laissons à la jeunesse togolaise… « Avant d’emprisonner Bebou qui n’a pris que des miettes, il faut prendre soin de prendre d’abord ceux qui ont vilipendé nos 600 millions de francs CFA, et qui nous narguent en plus », insiste l’observateur inconnu.

Soit. Loin de dédouaner Yanissou Bebou connu déjà ici, tout comme la plupart de nos arbitres et commissaires, pour ces genres d’imposture, cette interpellation s’impose. Elle s’impose inéluctablement, urgemment en plus, vue la très mauvaise campagne qui se fait autour de notre petit rectangle. Au niveau, du moins, de notre football, il va falloir désormais écarquiller les yeux. Le petit serpent qu’on élève chez soi, c’est le même qui en grandissant, mord sans pitié. Ces corrompus des temps modernes, il en pleut tellement dans notre football ces dernières années. C’est bien dommage qu’ils ne soient pas punis comme il le faut ici, et se plaisent finalement à internationaliser leurs vices. Autant dire que la Commission de Discipline de la FTF doit apprendre de sa mère de la CAF. En matière de corruption, aucun compromis ne peut être toléré. Cette leçon doit être retenue par tous. Du dernier des Togolais au Chef de l’Etat. Et à jamais s’il nous plait !

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