La Chronique de Yves de Fréau « Paroles interdites, fruits défendus… »

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La principale information cette semaine, c’est cette rencontre des éliminatoires de la CAN 2019 qui oppose le dimanche 18 novembre, les Eperviers du Togo aux Fennecs d’Algérie au stade municipal de Lomé. Un match crucial, stressant et hautement périlleux pour tout un pays. Un match qui pourrait signer la fin plus ou moins plausible du contrat d’un sélectionneur nommé Claude Le Roy. De même, un résultat nul ou une défaite des Eperviers, renverrait leur capitaine, Adébayor Shéyi à une retraite internationale anticipée, lui qui rêvait de disputer une dernière CAN au Cameroun.

Il ne resterait alors au public sportif national, déjà sectionné par le retour fortuit de ce dernier sur le synthétique « pourri » du stade municipal, qu’à capituler. Puisque, depuis qu’ils ont appris le retour au Municipal de celui qui qualifiait sa surface de jeu de « pourri », la plupart des supporters des Eperviers et de nombreux observateurs sportifs n’en finissent pas de poser la question : « C’est sur ce terrain pourri que l’orgueilleux attaquant togolais dont le dernier but en match officiel, remonte à plus de deux ans, va offrir une chance de qualification à notre pays ? ». La réponse à cette légitime interrogation, on l’aura au plus tard le dimanche 18 novembre autour de 20h. Une chose est évidente toutefois : certaines paroles sont interdites. Et jamais, on ne dit « jamais ! »

D’ici à ce dimanche, on peut évoquer les mouvements d’entraineurs constatés la semaine dernière à la tête de certains clubs. Les premiers concernent deux anciens entraineurs de Dyto. Le père et le fils, qui ont retrouvé du job et regagné également leurs anciennes maisons respectives : Mawuéna Kodjovi qui rejoint Agaza FC son club de cœur, et Diouf Fofana, de retour à Sokodé, sa ville natale, et son club de presque toujours, Sémassi FC. Ils ont pour mission, en remplaçant respectivement Amavi Agbobli, et Kourabodi Hamdane (tous deux défaillants), de donner plus de vie, plus d’allant et plus de couleurs aux Scorpions Noirs, d’un côté, et de l’autre, aux Guerriers de Tchaoudjo. Mais, ironie du sort, le père et le fils sont tombés, Mawuéna Kodjovi, à Lavié devant Kotoko FC (1-2) lors de la 5e journée du championnat de D2, et Diouf Fofana, à Lomé (0-2) face à l’AS Togo Port à l’issue de la 6e journée de la D1. La trêve internationale de deux semaines, est donc pour les deux coachs, la bienvenue, car elle pourrait leur permettre de mieux connaitre leurs ouailles et de mieux abouter leurs stratégies pour la suite…

Cette remarque n’est pas à faire au remplaçant du coach Kowouvi Marc des Anges FC de Notsé ni au successeur du « banni » de Kotoko FC de Lavié ; les deux « secondes roues » ayant triomphé de leurs adversaires respectifs, Gbikinti FC et Agaza FC justement. Le remplacé de Haho, Kowouvi Marc, faut-il le rappeler, est suspendu provisoirement. Raison évoquée par le Bureau par intérim des Anges FC, « le coach Kowouvi a tenu au stade d’Agoè, des propos injurieux et menaçants à l’endroit des supporters du club de Notsé, et se dit être menacé à son tour par les supporters et toute la population de Haho ». Ainsi donc, la solution toute trouvée, c’est la suspension provisoire du coach Kowouvi Marc, prononcée par le Bureau intérimaire « soucieux… », dit-il, de « préserver la sécurité de ce dernier et permettre aux Anges FC, de jouer ses prochains matches en toute quiétude ».

Autre entraineur à faire face la semaine dernière à l’infortune, il se prénomme…Fortuné, lui ! Et de nationalité camerounaise. Ce lion, le club Kotoko a décidé de se séparer de ses rugissements pour « des raisons extra-sportives ». Autrement dit, Yao Fortuné Gérard n’est pas démissionné pour ce qu’on appelle « insuffisance de résultats ». Il est plutôt renvoyé pour avoir failli à une certaine clause… L’infortuné, pardon, Fortuné aurait « porté atteinte aux intérêts et à la notoriété de Kotoko FC ». Et là-bas, ils parlaient un premier temps de son expulsion lors de la rencontre face à Okiti FC lors de la 4e journée du championnat. Une façon sans doute de protéger le coach en faute. Car à Lavié, au cœur du grand Kloto où il fait toujours un temps glacial, ce que finissent par dire les rumeurs, est tout simplement horrible, et fait état de sexe précoce consommé. Ce serait bien dommage si c’est le cas, pour un entraineur de cette trempe qui jusqu’à la 4e journée, n’a subi aucune défaite quoi que son club ait disputé deux rencontres à l’extérieur.

L’autre vérité est que les dirigeants de Kotoko FC et tout Lavié l’ont renvoyé parce qu’ils en étaient obligés. Question de moralité. Comme quoi, les fruits défendus créent toujours de sacrés problèmes à ceux qui les consomment. C’est tout comme ces mangues non mures que vous croquez et qui vous fendent peu après la bouche.

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