Le peuple togolais se rappelle qu’entre septembre, octobre 2018, l’opposant togolais Nicodème Ayao Habia, président du parti Les Démocrates, en grève de la faim a été évacué dans une clinique à Accra, au Ghana, car sa santé s’étant dégradée. M. Habia exigeait notamment la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations de la principale coalition de l’opposition.
Mais cette attitude de revendiquer a été qualifiée le 2 octobre sur une radio privée par le ministre de la Sécurité, le général Yark Damehame. Il avait qualifié de « comédie » la grève de la faim observée par l’opposant : « C’est de la comédie. Vous voulez qu’on se plie à ces genres de comédies? »
Deux jours plutôt, c’est le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara qui qualifiait l’initiative de « plaisanterie » dont seul monsieur Habia détiendrait les vraies motivations.
Alors, les évènements de ce lundi leur donnent raison ?
Effectivement, car coup de tonnerre dans le parti du désormais ex président du parti Les Démocrates. « Nicodème Ayawo Habia, n’est plus président du parti « Les Démocrates » depuis le 28 février 2019. »
Et pour cause, dans un communiqué rendu public par une commission ad-hoc, Nicodème Ayawo Habia à la tête du parti depuis près de trois ans, est accusé de « haute trahison » contre les intérêts de la formation politique.
« Conformément aux articles 29 et 18 alinéa 4 et 5 du règlement intérieur du parti politique les démocrates « nous avons l’honneur de vous notifier la décision de votre blâme: vous êtes déchu de votre titre de Président National du parti et des prérogatives qui y sont liées avec interdiction de toute déclaration politique « les Démocrates », jusqu’à nouvel ordre », a signé le doyen d’âge Dr ACAKPO Akouété pour la commission ad-hoc, 1er conseiller au Bureau Exécutif du parti « Les Démocrates ».
Les charges relevées contre l’ex président des Démocrates sont multiformes ;
1 – Création d’un organe dit ‘’Coordination générale’’, qui est une structure non prévue par les statuts et animée par le porte-parole. Cette ‘’Coordination générale’’ a accaparé toutes les prérogatives du Secrétariat Général.
2-Convocation unilatérale de réunions sans consultation du Secrétaire Général en violation de l’article 13 alinéa 5 des statuts et de l’article 12 du règlement intérieur.
3-Tenuedes conférences et points de presse à l’insu du Bureau Exécutif.
4- Ouverture et gestion irrégulière d’un compte bancaire au nom du parti sans le respect de la procédure prévue à l’article 15 alinéa 9 des statuts.
5-Malversations financières : tous les fonds et aides apportés au parti ne sont pas déclarés au Bureau Exécutif et sont confondus aux poches du président national en complicité avec le porte-parole.
6-Relations interpersonnelles au sein du parti et au Bureau Exécutif délétères : cette situation est orchestrée et animée par le Président National aux moyens de calomnies à l’endroit de ses collaborateurs.
7-Grève de la faim observée par le Président National que nous qualifions de simulacre.
8- Fuite de la clinique BIASA où il a été hospitalisé pendant ‘’sa grève de la faim’’.
9 – Non règlement de la facture d’hospitalisation et comportement irresponsable à l’égard des médecins traitants.
10 – Conduite déloyale vis-à-vis du gouvernement ghanéen qui l’a pris en charge alors même qu’il organise des rencontres secrètes avec certains leaders de l’opposition ghanéenne pendant son séjour à Accra.
11 – Interviews abusives, indisciplinées et non diplomatiques accordées aux médias ghanéens.
HABIA Ayao ne fera pas seul, les valises pour une destination pour le moment « inconnue ». Il sera accompagné par son collaborateur AKOUMEY Koffi, porte-parole du parti « Les Démocrates », qui l’a aidé pratiquement dans ses tâches.
La commission ad-hoc décide pour son cas:
1 – blâme à l’encontre de monsieur AKUMEY Koffi Adodo, déchu de son titre de Porte-Parole du Parti et des prérogatives qui y sont liées avec interdiction de toute déclaration publique au nom du parti politique ‘‘les Démocrates.
– le sieur AKUMEY Koffi Adodo n’est plus autorisé à occuper de poste de responsabilité dans le parti.
Pour le moment, les deux révoqués gardent pour le moment leur silence mais, il leur a été rappelé selon les textes en vigueur du règlement intérieur qu’ils ont le droit de saisir par écrit dans un délai de 15 jours la commission de recours »
Rappelons qu’en octobre 2013, le bureau directeur du parti Union des Forces de Changement (UFC) de Gichrist Olympio a exclu Nicodème Habia, avec d’autres membres du parti à savoir ; Djimon Oré, Théophile Adjangba et Tsiméssé Gbéya, « Car furieux qu’aucun poste ne leur ait été accordé dans la nouvelle équipe gouvernementale, ces derniers ont appelé, via un obscur Comité de Réflexion pour l’Alternance Démocratique au Togo (CRADT), les militants à quitter ce parti pour lutter aux côtés des autres partis de l’opposition », révélait le site republicoftogo à l’époque.
source: orizon-news

