La tenue du scrutin législatif du 20 décembre 2018 ne paraît pas de nature à solder la convulsion politique récurrente qui agite notre pays. Ces mots sont de Mgr.Fanoko Kpodzro, archeveque émérite de Lomé.
Au cours d’une conférence de presse ce mardi, 29 janvier 2019, le prélat a rejeté les résultats des élections législatives du 20 décembre 2018 et de facto le parlement issu de ces élections. Pour lui, il serait « illusoire de considérer que le souverain peuple en lutte pacifique pour sa libération, puisse envoyer à la Chambre Parlementaire, une majorité écrasante des députés affiliés à une gouvernance qui l’oppresse, le confine dans l’indignité, la misère et semble n’avoir procédé ni aux renouvellements : de son discours, ni de sa pratique politique, ni de ses méthodes de gouvernance politique et économique ».
Pour celui qui a dirigé la conférence nationale souveraine, le taux de participation annoncé par les institutions impliquées dans le processus électoral et le pouvoir est tout sauf vrai, fabriqué donc.Le prélat s’étonne du nombre important des listes des « indépendants’ victorieuses qui pour lui sont montées de toutes pièces par le pouvoir togolais. En conséquence, il estime qu' »en vérité, nous nous retrouvons en présence d’une Chambre Parlementaire quasi monocolore, et cela est un mauvais signal dans le grand projet national de recherche d’une solution consensuelle à la crispation politique qui plombe l’avenir de notre pays le Togo »
Mgr.Kpodzro n’a pas fait cadeau à la communauté internationale en particulier la CEDEAO et les accuse d’avoir « refusé de dire la vérité » et se sont cantonnées « à leurs intérêts égoïstes au grand mépris du sort des populations ». Il invite donc la Conférence des Évêques du Togo à prendre l’exemple des prélats congolais en prenant leur responsabilité. Il déclare » L’Eglise est de nature charitable, neutre et apolitique. Mais lorsqu’il est avéré que ceux qui incarnent le pouvoir oppriment le peuple des pauvres et des faibles, alors ses évêques sont tenus de prendre fait et cause pour ce peuple opprimé, réduit à la misère et dont les droits les plus élémentaires sont bafoués, comme l’a fait le Christ lui-même en faveur des pauvres contre les riches et les puissants de son époque ».
Enfin, le prélat demande au pouvoir togolais d’opérer les modifications constitutionnelles et institutionnelles attendues par le peuple togolais. A ce sujet, il réclame le rétablissement de la version originelle de l’article 59 de la Constitution de 1992.
Il appelle aussi à la libération des personnes encore en détention, en lien avec la crise togolaise, y compris Foly Satchivi.
La rédaction.