La suspension des cours (jusqu’à nouvel ordre) en raison de la menace du Covid-19 au Togo n’arrange pas la situation des enseignants des écoles privées et laïques. Ils lancent l’alerte sur leur situation, car ils « meurent de faim ».
La crise sanitaire que traverse le Togo n’épargne personne. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les conducteurs de taxi-moto ne sont pas seulement les plus touchés par les mesures drastiques prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19 au Togo. La situation est également tout sauf rose pour les enseignants recrutés dans les écoles privées.
Ces enseignants qui tirent déjà le diable par la queue, sont actuellement livrés à eux-mêmes, et ce depuis l’annonce de la fermeture des écoles par le gouvernement togolais. Leurs employeurs ne leur donnent plus de nouvelles. Et puisqu’ils ne dispensent plus de cours, ils n’ont plus droit à leurs maigres salaires. Ils craignent le pire si la situation perdure.
« Depuis que le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus au Togo, nous n’avons plus de nouvelles de nos employeurs. Nous n’avons pas eu nos salaires du mois de mars. Et le hic, c’est que nos employeurs ne nous disent rien. La situation est grave pour nous, surtout en cette période de crise sanitaire. On n’a plus rien pour subvenir aux besoins de nos familles respectives. L’heure est grave. On risque de mourir de faim en lieu et place de covid-19 », a confié Stéphane De Souza, Coordonnateur général du Bureau Provisoire des Enseignants Privés.
Ces enseignants estiment qu’ils sont les grands oubliés de l’Etat. Ils déplorent le fait que le gouvernement n’ait pensé à leur situation et proposé une mesure d’accompagnement spéciale en conséquence.
« Ce que nous regrettons le plus, c’est que l’Etat n’a pas pensé à nous les enseignants des écoles privées. Nous ne gagnons pas grand-chose comme nos frères qui sont des conducteurs de taxi-moto, mais le gouvernement a pensé à eux. Mais nous, nous sommes délaissés et oubliés. Nous ne savons plus à quel saint se vouer », a ajouté Stéphane De Souza.
Pour attirer l’attention du gouvernement par rapport à leur triste situation, ils comptent rencontrer le 15 avril prochain leur ministre de tutelle.
« Comme je l’avais dit, l’heure est grave. Nous avons ras-le-bol de cette situation où nous ne mourons pas de Covid-19, mais de la faim. Le 15 avril prochain, une délégation du bureau provisoire va rencontrer le ministre en charge de l’Enseignement primaire et secondaire, histoire de lui exposer notre situation. Nous revendiquons le paiement des salaires du mois de mars, la prise en compte des enseignants dans les mesures de soutien à la population pendant la période de confinement. Nous voulons aussi rencontrer les membres du bureau exécutif de l’Union des fondateurs des écoles privées laïques du Togo », a souligné De Souza.
Pour rappel, c’est le 20 mars dernier que le gouvernement togolais a annoncé la fermeture des écoles sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision s’inscrit dans le cadre des mesures prises pour limiter la propagation du Covid-19 au Togo.
Reçu hier dimanche sur les plateaux de la chaine togolaise New World TV, le ministre en charge de l’Enseignement primaire et secondaire, Affoh Atcha-Dedji a précisé que la reprise des cours sera conditionnée par l’évolution de la crise sanitaire que traverse le pays.
« En fonction de l’évolution de la pandémie, on évaluera. Si les experts au niveau de la santé confirment qu’il y a une baisse de la courbe des infections ou s’il n’y a plus de nouvelle contamination, on pourra réfléchir à une réouverture », a déclaré le ministre.
Tout porte à croire que les élèves ne reprendront pas de si tôt les cours. Et vu la situation, les enseignants des écoles privées risquent d’y rester si rien n’est fait.

