Port autonome de Lomé : MERIS, la discorde entre transitaires agréés et non agréés

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Les activités seront perturbées dans les jours à venir au Port autonome de Lomé (PAL). Les transitaires non agréés sont très remontés contre l’introduction de l’innovation MERIS qui, selon l’Union professionnelle des agréés en douane (UPRAD), va permettre la traçabilité des véhicules d’occasion en transit au Togo.

« Le premier constat est le problème de connexion au niveau des banques. La deuxième chose est la lenteur dans la prestation de service au niveau de MERIS. Il faut passer 3à 4 heures de temps pour obtenir le stripeur. Les voitures vont passer encore du temps pour obtenir la plaque provisoire avant de partir pour le terminal du Sahel à Zongo où elles vont encore passer du temps. C’est trop ! C’est pourquoi nous avons jugé de libérer les clients et de sortir les voitures sans suivre le nouveau processus parce que MERIS fait traîner les choses de nouveau », affirme Mathias Adékpoè, porte-parole des transitaires non agréés qui ne décolère pas.

C’était le mercredi dernier lors de leur mouvement d’humeur au PAL où des véhicules d’occasion en transit sont sortis sans suivre la procédure MERIS. Et de brandir la menace : « Dans les jours à venir, si les choses perdurent, nous allons cesser les activités pour qu’on s’entende mieux. Ces mouvements d’humeur font fuir les clients et ça ne nous arrange pas, mais on n’a pas le choix »

Mais à l’Union des professionnels agréés en douane, c’est un tout autre son de cloche. MERIS assure plutôt la traçabilité des véhicules d’occasion au Port autonome de Lomé vers les pays enclavés de la sous-région ouest africaine. Selon KpodarAssiongbon, Secrétaire général, « MERIS est un projet qui est en réalité un système de tracking de véhicule qui répond au suivi de géolocalisation. Il a pour rôle de réduire les irrégularités liées aux véhicules en transit. Il permet également d’identifier les auteurs de ces manquements. Il est basé sur la technologie de contrôle par micro puce UHF RFID assortie d’un code-barres (code QR). Les véhicules en transit ont chacun selon leur pays de destination un itinéraire bien défini par la douane ».

Plus encore, ajoute -t-il « MERIS s’adresse uniquement aux véhicules d’occasion en transit. Un véhicule en transit ne paye pas les frais de douanes, mais juste des taxes mineures. Beaucoup de transitaires ont pris le malin plaisir de déclarer les véhicules comme étant en transit (après avoir bien évidemment récupéré les frais de douane auprès du client) et ces engins se retrouvent ensuite versés sur le territoire national. Cette situation que nous appelons dans notre jargon « le T1 non apuré », c’est-à-dire qu’on a déclaré la marchandise en transit mais le TF1, document électronique validé à la sortie permettant de prouver que la marchandise déclarée en transit est effectivement hors du territoire national, n’est pas apuré. Et tous ces T1 non apurés reviennent vers la douane et suscitent un contentieux avec elle ». Et c’est ce qui selon lui a amené l’UPRAD à mettre en œuvre MERIS.

Mais MERIS est loin de convaincre les transitaires non agréés. Il risque de ressusciter les démons de la grève avec leur lot de perturbations des activités. Autant l’UPRAD ne peut pas se passer des transitaires non agréés, autant ces derniers aussi ne peuvent pas l’ignorer. Il appartient aux deux parties de trouver la bonne jonction. A suivre.